Martine se demande si on ne la prendrait pas un peu pour une tarte. Non parce que bon, Jean-Claude Client avait l'air mĂ©ga-ultra-super pressĂ© pour mener Ă bien son recrutement. D'ailleurs- petit dĂ©tail qui a son importance- c'est lui qui l'avait contactĂ© en premier. Il lui fallait un profil, vite, trĂšs vite, pour avant-hier. Parce que voyez-vous, la production est dans la panade, les Ă©quipes sont sous l'eau, et si on ne recrute pas d'ici Ă deux semaines, c'est quasi la clĂ© sous la porte que Jean Claude Client va devoir placer. (Oui Jean-Claude Client est un peu drama queen sur les bords) Mais le besoin est rĂ©el et effectivement, il y a un vrai manque Ă gagner si on ne recrute pas le profil rapidement. Bon, ok, il est situĂ© dans une zone trĂšs peu attractive. Bon, ok, le profil est plutĂŽt sĂ©nior, avec une belle expertise attendue. Mais Martine a l'habitude des dĂ©fis, alors elle se lance. Elle travaille d'arrache-pied et elle continue de sourcer mĂȘme le soir devant Netflix (Ce ne sera pas la premiĂšre fois) Elle se dit qu'en plus, un client autant dans l'urgence, ça va vite ĂȘtre bouclĂ©. (Spoiler alert: non) Elle dĂ©gote deux top-profils Appel, entretiens Elle donne tout pour vendre le besoin du client et sa localisation pour le moins isolĂ©e (pour ne pas dire dĂ©solĂ©e) Elle y arrive: les candidats sont motivĂ©s. Ni une, ni deux, -Elle fixe les entretiens avec le client -Elle envoie les CR mieux Ă©crits que le dernier prix Femina (ce n'est pas une rĂ©fĂ©rence oui je sais) -Elle prĂ©pare telle une coach olympique ses poulains pour qu'ils rĂ©ussissent lors du futur Ă©ventuel rdv avec Jean-Claude Et puis PLUS RIEN Le silence. Total. Elle tente un rappel, deux rappels Un appel, deux appels Soit elle ne comprend pas bien la notion d'urgence. Soit il y a anguille dans la botte de foin. Finalement, Ă force de harceler le standard de Jean-Claude Client, elle finit par obtenir ce laconique sms -"dĂ©solĂ©, trop cher de recruter avec agence, on va prendre un stagiaire. On se recontacte :) " Martine est un peu (beaucoup) agacĂ©e malgrĂ© l'astucieux smiley sourire que Jean Claude a glissĂ© Ă la fin de sa phrase. Elle a l'impression d'avoir Ă©tĂ© utilisĂ©e, d'avoir engagĂ© sa rĂ©putation auprĂšs des candidats- bref, qu'on l'a prise pour un jambon. (Martine irait bien faire un tour chez Jean Claude Client pour lui expliquer sa façon de penser, mais Martine est aussi une femme avec une certaine dose de classe, alors elle ne le fera pas) Le sujet c'est qu'il y a beaucoup de Martine qui attendent une rĂ©ponse du client aprĂšs un dĂ©but de collaboration dans l'ultra urgence. C'est parfois un signal en soi -Un drapeau rouge, en bon français- surtout quand cette urgence induit un relation unilatĂ©rale et un manque de brief, par exemple. Ăa vous parle? Vous feriez quoi Ă la place de Martine? (rdv trĂšs vite pour un nouvel Ă©pisode de Martine Recruteuse, votre feuilleton de l'Ă©tĂ©)